pomes
    

Alfred de Musset
sa vie, son oeuvre

Un pome au hasard


 
mon ami Alfred T.

Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille,
Tu m'es rest fidle o tant d'autres m'ont fui.
Le bonheur m'a prt plus d'un lien fragile;
Mais c'est l'adversit qui m'a fait un ami.
C'est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles
Etalent au soleil leur vulgaire trsor;
Mais c'est au sein des nuits, sous des rochers striles,
Que fouille le mineur qui cherche un rayon d'or.
C'est ainsi que les mers calmes et sans orages
Peuvent d'un flot d'azur bercer le voyageur;
Mais c'est le vent du nord, c'est le vent des naufrages
Qui jette sur la rive une perle au pcheur.
Maintenant Dieu me garde ! O vais-je? Eh ! que m'importe?
Quels que soient mes destins, je dis comme Byron:
"L'Ocan peut gronder, il faudra qu'il me porte."
Si mon coursier s'abat, j'y mettrai l'peron.
Mais du moins j'aurai pu, frre, quoi qu'il m'arrive,
De mon cachet de deuil sceller notre amiti,
Et, que demain je meure ou que demain je vive,
Pendant que mon cur bat, t'en donner la moiti.
Mai 1832

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