pomes
    

Alphonse de Lamartine
sa vie, son oeuvre

Un pome au hasard


 
Chants lyriques de Sal

Je rpandrai mon me au seuil du sanctuaire !
Seigneur, dans ton nom seul je mettrai mon espoir;
Mes cris t'veilleront, et mon humble prire
S'lvera vers toi, comme l'encens du soir !

Dans quel abaissement ma gloire s'est perdue !
J'erre sur la montagne ainsi qu'un passereau;
Et par tant de rigueurs mon me confondue,
Mon me est devant toi, comme un dsert sans eau.

Pour mes fiers ennemis ce deuil est une fte.
Ils se montrent, Seigneur, ton Christ humili.
Le voil, disent-ils : ses dieux l'ont oubli;
Et Moloch en passant a secou la tte
Et souri de piti !
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Seigneur, tendez votre arc; levez-vous, jugez-moi !
Remplissez mon carquois de vos flches brlantes !
Que des hauteurs du ciel vos foudres dvorantes
Portent sur eux la mort qu'ils appelaient sur moi !

Dieu se lve, il s'lance, il abaisse la vote
De ces cieux ternels branls sous ses pas;
Le soleil et la foudre ont clair sa route;
Ses anges devant lui font voler le trpas.

Le feu de son courroux fait monter la fume,
Son clat a fendu les nuages des cieux;
La terre est consume
D'un regard de ses yeux.

Il parle; sa voix foudroyante
fait chanceler d'pouvante
Les cdres du Liban, les rochers des dserts;
Le Jourdain montre nu sa source recule;
De la terre branle
Les os sont dcouverts.

Le Seigneur m'a livr la race criminelle
Des superbes enfants d'Ammon.
Levez-vous, Sal ! et que l'ombre ternelle
Engloutisse jusqu' leur nom !
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Que vois-je? vous tremblez, orgueilleux oppresseurs !
Le hros prend sa lance,
Il l'agite, il s'lance;
sa seule prsence,
La terreur de ses yeux a pass dans vos curs !

Fuyez !... il est trop tard ! sa redoutable pe
Dcrit autour de vous un cercle menaant,
En tout lieu vous poursuit, en tout lieu vous attend,
Et dj mille fois dans votre sang trempe,
S'enivre encor de votre sang.

Son coursier superbe
Foule comme l'herbe
Les corps des mourants;
Le hros l'excite,
Et le prcipite
travers les rangs;
Les feux l'environnent,
Les casques rsonnent
Sous ses pieds sanglants :
Devant sa carrire
Cette foule altire
Tombe tout entire
Sous ses traits brlants,
Comme la poussire
Qu'emportent les vents.

O sont ces fiers Ismalites,
Ces enfants de Moab, cette race d'Edom?
Idumens, guerriers d'Ammon;
Et vous, superbes fils de Tyr et de Sidon,
Et vous, cruels Amalcites?

Les voil devant moi comme un fleuve tari,
Et leur mmoire mme a pri !
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Que de biens le Seigneur m'apprte !
Qu'il couronne d'honneurs la vieilesse du roi !
Ephram, Manass, Galaad, sont moi;
Jacob, mon bouclier, est l'appui de ma tte.
Que de biens le Seigneur m'apprte !
Qu'il couronne d'honneurs la vieillesse du roi !

Des bords o l'aurore se lve
Aux bords o le soleil s'achve
Son cours trac par l'Eternel,
L'opulente Saba, la grasse Ethiopie,
La riche mer de Tyr, les dserts d'Arabie,
Adorent le roi d'Isral.

Peuples, frappez des mains, le roi des rois s'avance,
Il monte, il s'est assis sur son trne clatant;
Il pose de Sion l'ternel fondement;
La montagne frmit de joie et d'esprance.
Peuples, frappez des mains, le roi des rois s'avance,
Il pose de Sion l'ternel fondement.

De sa main pleine de justice,
Il verse aux nations l'abondance et la paix.
Rjouis-toi, Sion, sous ton ombre propice,
Ainsi que le palmier qui parfume Cads,
La paix et l'quit fleurissent jamais.
De sa main pleine de justice,
Il verse aux nations l'abondance et la paix.

Dieu chrit de Sion les sacrs tabernacles
Plus que les tentes d'Isral;
Il y fait sa demeure, il y rend ses oracles,
Il y fait clater sa gloire et ses miracles;
Sion, ainsi que lui ton nom est immortel.
Dieu chrit de Sion les sacrs tabernacles
Plus que les tentes d'Isral.

C'est l qu'un jour vaut mieux que mille;
C'est l qu'environn de la troupe docile
De ses nombreux enfants, sa gloire et son appui,
Le roi vieillit, semblable l'olivier fertile
Qui voit ses rejetons fleurir autour de lui.

Mditations potiques

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