pomes
    

Victor Hugo
sa vie, son oeuvre

Un pome au hasard


 
Le pote s'en va dans les champs

Le pote s'en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il coute en lui-mme une lyre ;
Et le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font plir les couleurs,
Celles qui des paons mme clipseraient les queues,
Les petites fleurs d'or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l'accueillir agitant leurs bouquets,
De petits airs penchs ou de grands airs coquets,
Et, familirement, car cela sied aux belles :
- Tiens ! c'est notre amoureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jour et d'ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les rables,
Les saules tout rids, les chnes vnrables,
L'orme au branchage noir, de mousse appesanti,
Comme les ulmas quand parat le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu' terre
Leurs ttes de feuille et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C'est lui ! c'est le rveur !

Recueil : Les contemplations

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